25 novembre 2008

Biodiversité 1 et 2

Aujourd'hui, un peu de lecture à partir de cet excellent ouvrage :

« La biodiversité -  Tout conserver ou tout exploiter ? »

10 textes multidisciplinaires réunis par Marie-Hélène Parizeau avec, en annexes, la convention sur la diversité biologique et la déclaration de Rio (1992) - De Boeck Université - 1997

Aspects biologiques, économiques, juridiques et politiques de la diversité biologique.

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Deux conceptions antinomiques de la biodiversité (A. Micoud – p 142 à 147) : « Quelles sont, brièvement, ces deux conceptions de la biodiversité ? (…) j’appellerai la première « en somme ne rien faire », et la seconde, « en somme, tout cultiver ». (…)

Dans le premier cas, la biodiversité (…) est le résultat de la vie comme elle va. Elle est son seul et unique accomplissement autonome. (…). Dans cette conception, à la limite, la biodiversité n’a pas besoin de l’homme. (…) l’humanité n’est qu’une espèce vivante parmi les autres espèces vivantes.  (…) C'est-à-dire sommé d’abolir en lui tout ce qui fait sa différence, son accès aux figures précisément et, par elles, aux outils, au langage, à la pensée, à la mémoire, aux institutions.
(…) on devine pourtant bien qu’une autre solution est possible (et plus praticable) : celle qui commande de réfléchir d’abord sur l’étendue des massacres que fait subir à la biodiversité non pas la présence humaine, mais celle du système industriel débridé et de son processus d’écrasement de toutes les cultures (…).

La seconde conception. Dans ce cas la biodiversité est une richesse, ou une ressource c’est à dire qu’elle n’est rien sans l’usage qu’on en fait. (…) L’impératif du absolument-ne-rien-faire de tout à l’heure se transforme ici en celui du absolument-tout-gérer et, pour commencer, tout inventorier, tout mesurer, tout cartographier, du génome jusqu’à la biosphère dans sa totalité. (…) Dans cette seconde fiction, ce n’est plus l’homme qui est exclu mais la nature (du moins la nature en tant que cette notion fonctionne dans ce couple d’opposés qu’elle forme avec celui de culture humaine : c'est-à-dire qui fonctionne sans que l’homme y intervienne).

(…) vouloir cultiver tout le vivant ne se peut pas (non pas parce que la tâche est impossible mais parce qu’elle est contradictoire avec ce qu’est la vie), sans lui laisser des lieux où continuer sa vie propre, et donc sans s’absenter volontairement du projet même de cette totale maîtrise.

Ainsi (…) ces deux conceptions (…) en arrivent aux mêmes mesures pratiques que les uns appelleront des parcs ou des réserves et les autres de la conservation in situ. Et que toutes les deux s’accorderont finalement à subsumer sous un même mot : la sauvegarde du patrimoine naturel de l’humanité. »

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Posté par YMDS à 18:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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